Mon chien pète : que faire ?

Devinette : ils font éclater de rire les enfants, les adultes – en société, particulièrement – en rougissent, les animaux s’en fichent, et les bouledogues en sont les champions du monde… Alors, vous trouvez de quoi va traiter notre nouvel article ?

Réponse : « Des vents, des pets, des poums » comme les chantaient Serge Gainsbourg, bref des flatulences !

Evidemment, le sujet semble assez cocasse, mais c’est un réel problème notamment chez les chiens au nez écrasé, les brachycéphales. Votre chien pète ? Cet article est fait pour vous !

Qu’est ce qu’une flatulence ? A quoi est-elle due ?

La définition exacte de la flatulence est « l’accumulation excessive de gaz dans l’estomac et/ou l’intestin, provoquant des ballonnements et pouvant être expulsés par la bouche ou l’anus de façon volontaire ou involontaire ».

Chez les animaux, il est raisonnable de penser que ces gaz sont expulsés de façon involontaire, et donc sans retenue aucune… pouvant parfois engendrer des situations assez embarrassantes ou très drôles pour les propriétaires et leur entourage !

La plupart de ces gaz sont inodores, mais dans 1% des cas environ, les gaz sont constitués de composés sulfurés, à l’origine de l’odeur nauséabonde. Les flatulences très bruyantes mais peu odorantes proviennent le plus souvent d’un excès de fibres. Alors que les flatulences plus discrètes mais très odorantes ont pour origine un excès de protéines soufrées.
L’association des deux est malheureusement possible !

Malgré tout, sachez qu’il est normal que ces gaz soient produits lors de la digestion : ils résultent de la fermentation bactérienne des résidus de la digestion, dans le gros intestin. Les flatulences sont donc un phénomène naturel ! 

Néanmoins, lorsqu’elles s’avèrent excessives et gênantes, des mesures doivent être envisagées.

Mon chien pète : comment prévenir les flatulences ?

1. L’alimentation et la transition alimentaire

L’alimentation joue un rôle essentiel dans la prévention des gaz. Elle doit être la plus digestible possible. Moins il y a de résidus, moins il y a de matière dans le gros intestin; et moins les bactéries qui y sont présentes produiront ces gaz de fermentation. 

La digestibilité de l’aliment est directement corrélée à la qualité des matières premières rentrant dans la composition de l’alimentation. Il est donc judicieux de choisir des aliments premium, et il est conseillé d’éviter les aliments « bas de gamme ». Un élément présent sur les emballages des croquettes peut vous donner un indice : il s’agit du « taux de cendres ».
Ce chiffre résulte d’une manipulation faite en laboratoire sur les croquettes : 100 gr sont brulés comme ce qui se passe dans l’organisme lors de la digestion ; on pèse ensuite ce qu’il reste.
Si l’aliment est très digestible (et donc de très bonne qualité pour l’organisme), il restera très peu de déchets (très peu de cendres) : ce taux sera donc relativement bas.
A l’inverse, s’il est plus haut, c’est que l’aliment contient beaucoup de matières non digestibles. Attention, il ne s’agit malgré tout que d’un indice, d’autres éléments sont à prendre en compte !

Évitez de donner au chien des restes de repas surtout si ces restes sont principalement composés de morceaux que vous n’auriez pas vous-même consommés car c’est du gras, du cartilage, des tendons, de la peau etc… Vous ne le consommez pas parce que vous savez intuitivement que ce n’est pas bon pour vous ? Et bien il en est de même pour votre chien, ce n’est pas bon pour son organisme non plus !

Tout comme nous, chaque chien est différent, et un aliment qui convient à l’un pourra ne pas convenir à l’autre (gaz produits en très grande quantité, volume des selles trop important, consistance des selles trop molle etc). Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à changer, tout en restant sur une marque premium. Ce changement doit être fait dans des conditions un peu particulières, que l’on appelle « transition alimentaire ».

La transition alimentaire consiste à introduire le nouvel aliment de façon progressive; en diminuant en parallèle la quantité de l’ancien aliment.

Il est traditionnellement recommandé de procéder à cette transition sur un temps d’une semaine minimum. Cette transition peut, bien sûr, être beaucoup plus longue si vous le souhaitez !! Elle peut s’accompagner de l’utilisation de probiotiques.

Mon chien pète : les probiotiques peuvent aider une transition d'alimentation.

2. La vitesse d’ingestion du repas, et le fractionnement de la ration

La rapidité avec laquelle votre toutou ingère son repas est également un facteur à prendre en compte. En effet, si votre chien mange extrêmement rapidement, il peut ingérer de l’air en même temps que sa nourriture, favorisant ainsi les flatulences.

Afin de limiter cette ingestion d’air et/ou ralentir la vitesse de son repas, il peut être utile de fractionner la ration en 2 ou 3 repas / jour. Cela lui permettra de digérer des quantités moins importantes.

Il existe aussi de nombreuses astuces pour qu’il ingère ses aliments moins rapidement : on peut distribuer le repas en éparpillant les croquettes au sol. Il existe également des gamelles antiglouton qui favorisent un repas plus long. Ces gamelles ont des picots, ou se présentent sous forme de labyrinthe : le chien est obligé, avec sa langue ou avec sa patte, de faire sortir les croquettes une par une pour les manger. 

Des plateaux de jeu sont également disponibles. En plus de ralentir la vitesse d’ingestion du repas, ils peuvent stimuler la curiosité de votre poilu.

Mon chien pète : l'aider à diminuer sa vitesse d'ingestion du repas.

Si vous avez plusieurs chiens, il est recommandé de les séparer au moment des repas. La compétition pour la nourriture augmente la gloutonnerie, et l’ingestion d’air.

3. Les affections de l’estomac et de l’intestin

Si l’alimentation est la principale source de flatulences, on peut retenir parmi les autres causes certaines maladies qui entraînent des troubles de la digestion (insuffisance pancréatique, entérite…) ainsi que le parasitisme intestinal.

Il apparait logique que tout trouble de la progression du bol alimentaire ou de son traitement par les enzymes digestives va engendrer une perturbation de la digestion. On va alors retrouver des aliments insuffisamment digérés dans des portions du tube digestif qui ne devraient pas les contenir. Cela va aboutir à des fermentations exacerbées, et la formation de gaz en grande quantité. 

Habituellement, lors de ces troubles, on observe de nombreux autres symptômes : diarrhée, vomissements, dysorexie (trouble de l’appétit), douleurs abdominales… Bref, beaucoup de choses qui motivent une consultation !

De façon beaucoup moins grave (la plupart du temps), les parasites intestinaux sont également responsables parfois de flatulences. La vermifugation systématique et adaptée des chiens comme des chats doit faire partie des soins du quotidien. 

Pour vermifuger son chien de la façon la plus adaptée, il faut prendre en compte différents paramètres : 

  • comportement de votre poilu en promenade (ingestion de proies ? de selles des congénères ?)
  • type d’alimentation (croquettes ? viande crue/cuite ?)
  • âge de votre toutou (les vers communément rencontrés chez les jeunes ne sont pas les mêmes que chez les plus âgés)
  • séjour dans certaines régions de France ou à l’étranger
  • composition de votre famille, afin d’adapter le rythme de vermifugation pour limiter la contamination possible des humains vivant avec le toutou.

Pour en savoir plus sur la vermifugation, rendez-vous sur notre article « Pourquoi et comment vermifuger son animal de compagnie ?« 

La prédisposition raciale des brachycéphales

Certains chiens à face courte et aplatie, les brachycéphales (carlin, pékinois, boxer, bouledogue français ou bulldog anglais…), sont réputés pour être fréquemment atteints de flatulences. 

Il est nécessaire chez ces races d’être encore plus attentifs à tous les points cités ci-dessus !

La configuration particulière de leur museau, les nombreux plis que l’on retrouve à l’intérieur de leur nez ou au fond de la gorge (voile du palais souvent trop long), ainsi que leur narines peu ouvertes (sténose des narines) les obligent à respirer par la bouche la plupart du temps. 

Cette respiration quasi continue gueule ouverte s’accompagne d’une ingestion excessive d’air, qui peut être renforcée lors de situations de stress, lors de journées très chaudes, ou d’efforts intenses.

Chez ces chiens, une intervention chirurgicale visant à corriger la sténose des narines et la longueur du voile du palais peut parfois améliorer leurs soucis digestifs, alors que le but premier est de leur permettre de mieux respirer !

En conclusion, en cas de flatulences excessives, soyez extrêmement vigilant sur la qualité de l’alimentation de votre poilu, ainsi que les conditions de prise du repas.
Vérifiez également qu’il a été correctement vermifugé.
La surveillance simple de ces 2 points devrait améliorer considérablement son quotidien… et le vôtre !

Bien évidemment, en cas d’atteinte de son état général, n’hésitez pas à faire appel à notre équipe, une consultation peut s’avérer nécessaire !

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