Protéger son animal en vacances en France

Après une année agitée, beaucoup de français partiront cet été encore pour explorer notre beau pays ! Vous en faites peut-être partie. Mais savez-vous qu’en fonction de la région dans laquelle vous vous rendrez, votre animal sera confronté à certaines pathologies non présentes dans le Pays de Retz ?
C’est parti pour un tour de France, vu sous un angle vétérinaire !

I Vous partez sur le pourtour méditerranéen ?
II Ou dans la région Sud Est ?
III Finalement, envie de départ dans l’Est ou dans le Massif Central ?
IV Et une évasion rafraichissante au bord d’un lac ou d’un étang ? 

Vous partez sur le pourtour méditerranéen ?

Votre chien rencontrera probablement des moustiques appelés phlébotomes, responsables de la leishmaniose. Lorsque le phlébotome pique son hôte pour se nourrir de son sang, il lui injecte, s’il en est porteur, des leishmanies.

On rencontre les phlébotomes particulièrement sur le pourtour méditerranéen, car ceux-ci ont besoin de conditions de vie assez précises : humidité, température minimale de 18 à 22 °C, vent faible. Ils sont particulièrement actifs le soir, et passent la journée à l’abri dans des endroits sombres et humides (fissures, trous, caves, bâtiments d’élevage…). 

Cette maladie parasitaire peut se déclarer assez longtemps après la piqûre d’inoculation, de 2 mois à 8 ans, rendant le diagnostic parfois très difficile !

Le développement de la leishmaniose chez les chiens contaminés est très variable suivant les individus. Certains chiens vont éliminer naturellement le parasite. D’autres vont être porteurs sans exprimer aucun signe de maladie. D’autres enfin vont exprimer la maladie à des degrés divers. Les symptômes principaux sont des lésions de la peau (discrètes comme parfois spectaculaires) accompagnées ou non d’atteintes des organes internes avec amaigrissement, anémie, troubles oculaires, insuffisance rénale… La maladie évolue sur plusieurs mois ou plusieurs années, parfois par crises, jusqu’au décès de l’animal.

Il n’existe malheureusement à l’heure actuelle aucun traitement curatif pour cette maladie. Les médicaments employés servent à limiter la quantité de parasites dans l’organisme du chien, mais celui-ci restera porteur toute sa vie, et devra prendre à vie un traitement (très coûteux) de manière extrêmement contrôlée.

Si vous décidez de vous rendre en vacances dans cette zone, il faudra tout mettre en œuvre pour protéger votre poilu. Cette prévention repose principalement sur la limitation des contacts avec les phlébotomes, vecteurs de la leishmaniose, mais aussi sur la vaccination, surtout en cas de séjours très fréquents ou prolongés.

Pour éviter à votre animal de se faire piquer par ces moustiques :

  • Utiliser des produits répulsifs et/ou insecticides sur votre chien, ayant une efficacité démontrée sur le phlébotome.
  • Ne pas promener les animaux dans les endroits où l’environnement est favorable à la présence de phlébotomes (présence de murs de pierre sèche, endroits humides et abrités).
  • Ne pas sortir les animaux aux périodes d’activité des phlébotomes, c’est-à-dire du soir jusqu’au petit matin.
  • Limiter la pénétration des phlébotomes à l’intérieur des habitations, en fermant les fenêtres la nuit ou en les dotant de moustiquaires (mailles très fines de 0,3-0,4 mm²), ou encore en plaçant un ventilateur dans les pièces de couchage.

Vous voulez en savoir plus ? Rendez- vous sur le site de l’ESCCAP !

Ou dans la région Sud Est ?

Dans cette belle région sévit un autre moustique, cette fois de la famille des Culicidés. Celui-ci est responsable de la transmission de la dirofilariose cardio-pulmonaire, appelé aussi vers du cœur.

Rappelez-vous, nous en avions parlé dans un précédent article >> La toux chez le chien et le chat 

La dirofilariose cardio-pulmonaire est donc due à un ver, dont les larves peuvent migrer jusqu’au cœur, et provoquer un mauvais fonctionnement de cet organe, ainsi qu’une toux.

Cette maladie est très polymorphe avec des formes frustres et d’autres beaucoup plus graves. Elle se caractérise par l’évolution généralement lente d’une insuffisance cardiaque, associée à un mauvais état général et parfois des signes cutanés et nerveux. Les symptômes les plus fréquents sont de la toux, des difficultés respiratoires, un affaiblissement et des syncopes lors d’exercices physiques ou d’une phase d’excitation. Quand les vers meurent, ils peuvent passer dans de gros vaisseaux sanguins, comme l’artère pulmonaire. La mort peut alors être brutale.

Comment s’en protéger ?

De nouveau, en limitant les piqûres de moustiques, grâce à des produits répulsifs spécifiques (pipettes, collier). Il est préférable de donner aussi un traitement médical préventif. Chez le chien comme chez le chat, ce traitement vise à détruire les larves (transmises par les moustiques) avant qu’elles ne deviennent adultes, et donc qu’elles ne puissent coloniser le cœur. Ce traitement s’administre une fois par mois durant le séjour dans la zone à risque, et encore une fois au retour.

Finalement, envie de départ dans l’Est ou dans le Massif Central ?

Dans cette région spécifiquement, on rencontre Echinococcus multilocularis. Qui se cache derrière ce nom barbare ? Il s’agit d’un ver, appartenant à la famille des Tæniidés, responsable de l’échinococcose multiloculaire ou alvéolaire

Cette maladie est extrêmement grave chez l’Homme, alors que chez les chiens et les chats, la présence d’échinocoques adultes dans l’intestin n’a, dans la très grande majorité des cas, aucune conséquence. Il est d’ailleurs impossible de savoir si son animal est porteur de ce type de ver sans faire une analyse de ses crottes.

Les chiens et les chats qui chassent peuvent se contaminer en ingérant des rongeurs infestés : ils hébergent ensuite des œufs dans leurs selles.

Ce sont les œufs qui sont dangereux pour les humains : le parasite se comporte chez l’Homme comme chez les rongeurs, en envahissant le foie. Le traitement est extrêmement difficile : il faut retirer chirurgicalement les kystes formés par le parasite dans le foie, ce qui n’est pas toujours possible. Un traitement antiparasitaire à vie peut alors être nécessaire, et les dysfonctionnements hépatiques sont nombreux. 

Comment éviter la contamination de son animal, et donc la contamination potentielle d’un membre de la famille ? 

  • Se laver les mains soigneusement après avoir caressé son chien ou son chat, son pelage peut être porteur : lorsqu‘il fait sa toilette, il peut répandre ces œufs de la zone périnéale sur l’ensemble du corps.
  • Ne pas nourrir vos poilus avec des abats crus, possiblement contaminés.
  • Vermifuger les chiens et chats toutes les 4 à 6 semaines avec un produit efficace contre les échinocoques, s’ils sont potentiellement en contact avec ce parasite.

Cet article devrait vous intéresser : Pourquoi et comment vermifuger son animal ?

NB : Une autre variété d’échinocoque est présente dans le sud de la France (Echinococcus granulosus) et est responsable de l’hydatidose. Les précautions sont les mêmes que pour l’Echinococcose que nous venons de décrire.

Et une évasion rafraichissante au bord d’un lac ou d’un étang ? 

Une halte, un camping au bord d’un étang… L’appel d’une baignade est souvent irrésistible en été par temps chaud, pour vous comme pour Médor ! Attention cependant : avant de vous rafraichir, prenez connaissance de la qualité de l’eau, et de toute éventuelle interdiction de baignade qui aurait par exemple été décrétée suite à une prolifération de cyanobactéries.

Les cyanobactéries se développent principalement en été dans des eaux comme les lacs, les étangs et certains cours d’eau et provoquent un changement de couleur de l’eau. On peut cependant en trouver dès le mois de mai et jusqu’en octobre. 

Certaines espèces de cyanobactéries produisent des toxines appelées cyanotoxines. Celles-ci représentent un risque pour la santé de l’Homme et des animaux qui consomment de l’eau contaminée via la baignade ou des activités nautiques par exemple. En France, aucune intoxication humaine létale associée aux cyanotoxines n’a encore été enregistrée. Malheureusement, ce n’est pas le cas pour nos toutous : des épisodes de mortalités de chiens sont régulièrement attribués à des cyanotoxines depuis 2005.

Les symptômes les plus couramment rapportés sont des symptômes gastro-intestinaux, des états fébriles et des irritations cutanées. 

Les délais d’apparition des symptômes varient de quelques minutes à plusieurs heures en fonction du type de toxine produit.

Dans les zones de développement et d’accumulation de cyanobactéries, il est donc recommandé de tenir les chiens en laisse pour ne pas les laisser accéder aux plans et cours d’eau, et d’éviter les activités comme le canoë, le paddle, même si votre chien ou vous-même n’êtes pas en contact direct avec l’eau.

Vous voulez en savoir plus sur la qualité des eaux de baignade en France ? Consultez le site dédié du gouvernement !

N’hésitez pas à nous demander conseil, nous pourrons choisir ensemble comment protéger votre compagnon et vous-même durant ces 2 mois d’été, quelle que soit votre destination !

Et afin que les vacances soient parfaitement réussies :

Cet article a été publié le 6 juillet 2021

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